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Le principe de l'attention ou du noticing, mis en avant notamment dans les travaux de R. Schmidt, repose sur l'idée qu'il est nécessaire d'avoir un regard conscient sur l'input (les données en L2 auxquelles on est exposé) afin que celui-ci puisse être converti en intake (ce que l'on finit par retenir de l'input sous forme d'acquis). Si pour certains cette oppositition input-intake est un peu simpliste, elle a néanmoins le mérite de modéliser la langue telle qu'elle se présente à l'apprenant (langue cible) et telle qu'elle finit par être acquise (interlangue). L'idée de base est que l'apprenant avance de façon plus sûre par le biais du noticing  (activité consciente: le fait de se rendre compte qu'on avance, de faire de l'input un intake) qui sert en quelque sort à fixer les acquis.

Pour les étudiants et futurs enseignants de FLE, le développement de pratiques réflexives autour de l'apprentissage d'une langue nouvelle permet d’analyser des comportements, des ressentis, des dispositifs, des résultats, etc. afin de mieux appréhender ce que vit l’apprenant de façon générale. Vous pouvez ainsi vous mettre à la place de l’élève/apprenant pour essayer de mieux comprendre ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il apprend une langue. Mais vous pouvez également profiter autrement de votre apprentissage, en dehors des moments plus classiques d’apprentissage, étant amené à comprendre certaines choses qui vous viennent à l’esprit, ou à essayer de « mettre de l’ordre » dans vos idées. 

On s’aperçoit qu’il y a une différence qualitative très importante entre le fait de ressentir certaines choses, de les avoir vécues, et le fait de devoir les présenter, analyser, dévoiler, partager. Justement, il y a souvent des divergences, des différences d’opinion au sein du groupe. Mais aussi, n’oublions pas que dans tout groupe c’est pareil, y compris dans le groupe apprenants : les apprenants ne sont pas des copies carbone de celui qui enseigne, et ce n’est pas parce qu’on a trouvé « le truc qui marche » pour les uns que ça profitera nécessairement aux autres. On constate ainsi que la diversité au niveau des préférences personnelles des uns et des autres constitue la norme, mais aussi que les solutions didactiques ne peuvent se renfermer dans des dogmes et doivent nécessairement essayer de profiter de tout ce qu’offre la situation d’enseignement (y compris les nombreuses contraintes).

Vous pouvez partager votre expérience d’apprentissage d’une langue étrangère : histoires drôles (ou pas drôles du tout), anecdotes, moments « eurêka ! », moments d’incompréhensions, etc. Voir les autres articles dans la catégorie « ARLI ».

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